Impuissance : la piste cardio-vasculaire
Une enquête américaine
souligne l'impact de l'altération vasculaire
dans les dysfonctions érectiles chez les plus
de 40 ans.
PENDANT DES ANNÉES, les troubles de la sexualité
masculine et notamment l'insuffisance érectile
ont été expliqués par des mécanismes
psychologiques. Aujourd'hui, les concepts développés
vont dans un sens diamétralement opposé,
puisque les difficultés sexuelles des hommes
de plus de 40 ans sont désormais considérées
comme étant liées avant tout à
une atteinte vasculaire. En particulier, les principaux
facteurs de risque, tabac, hypertension, diabète,
sédentarité, seraient aussi responsables
des dysfonctions érectiles.
Une enquête menée sous l'égide de
l'Institut national de la santé aux États-Unis
et publiée la semaine dernière dans The
American Journal of Medicine estime que 18 % des hommes
seraient affectés par de tels troubles. Une équipe
de chercheurs italiens de son côté, estimait
récemment dans un article paru dans le Journal
de l'Association européenne d'urologie en octobre
dernier que les médecins devaient systématiquement
entreprendre un bilan cardiaque complet, pour les patients
souffrant de difficultés sexuelles, potentiellement
révélatrices d'une atteinte vasculaire.
Les données épidémiologiques solides
sur les troubles de la sexualité masculine sont
en réalité très limitées,
malgré les diverses allégations des firmes
pharmaceutiques qui vendent des médicaments contre
l'impuissance comme le Viagra
ou le Cialis.
Les chercheurs de l'École de santé publique
de Baltimore participant à l'enquête nationale
sur la santé et sur la nutrition portant sur
10 000 personnes de 2001 à 2002 ont décidé
d'adjoindre au questionnaire anonyme sur le mode de
vie et l'état de santé (alimentation,
poids, exercice physique, hypertension artérielle...)
et au bilan biologique complet (glycémie, hypercholestérolémie...),
une série de questions sur la sexualité
pour les hommes de plus de 20 ans.
L'analyse des résultats permet d'apprendre que
globalement 18 % des Américains se plaignent
de difficultés sexuelles majeures. Ce taux tombe
à 5 % entre 20 et 39 ans et monte à 70
% à 70 ans et plus. La fréquence de ces
dysfonctions selon l'état de santé a été
analysée uniquement pour les plus de 40 ans.
Il apparaît ainsi que 50 % des hommes souffrant
d'un diabète patent sont concernés, tout
comme 50 % de ceux présentant une maladie cardiovasculaire,
13 % des fumeurs et 22 % des personnes obèses
et enfin 44 % des personnes traitées pour hypertension.
L'âge n'est pas le seul facteur en cause
Bien sûr, il faut souligner que l'âge est
un facteur de confusion, puisque toutes ces pathologies
(diabète, hypertension, maladies cardio-vasculaires,
obésité) augmentent avec l'âge.
Les hommes concernés par des troubles de l'érection
ont en moyenne dix ans de plus que ceux qui ne le sont
pas. Mais l'âge n'est pas le seul facteur en cause.
À âge égal, les hommes présentant
un ou plusieurs risques cardiaques sont plus souvent
atteints de difficultés sexuelles. À âge
égal, 30 % des hommes souffrant des dysfonctions
érectiles sont diabétiques contre 9,4
% de ceux n'ayant pas de dysfonctions ; à âge
égal, le pourcentage d'hommes ayant une activité
physique régulière est de 28 % en cas
de dysfonctions contre 39 % pour les autres...
« Depuis que des médicaments sont disponibles,
les patients évoquent plus facilement leurs difficultés
sexuelles. C'est l'occasion de faire un bilan cardio-vasculaire
pour traiter les facteurs de risque, concluent les auteurs.
Certains changements de mode de vie, comme l'arrêt
du tabac ou la pratique d'un exercice physique par exemple,
pourraient représenter des traitements non pharmacologiques
efficaces des troubles érectiles. L'activité
physique et toutes les autres mesures de prévention
des maladies cardio-vasculaires devraient être
aussi une bonne approche pour prévenir le déclin
de la sexualité masculine. »
Source:- http://www.lefigaro.fr
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