Les hommes résistent mieux à la douleur
Exit, les chevaliers sans peur et sans
grimaces… Si les hommes sont plus résistants
à la douleur, cela n’aurait rien à
voir avec leur légendaire endurance, mais plutôt
tout à voir avec leur système hormonal.
Loin d’être plus douillettes, les femmes
ne bénéficieraient tout simplement pas
de la protection propre aux hommes: la testostérone,
un formidable bouclier antidouleur!
«Cette hormone servait sans doute au départ
à protéger les hommes de grandes douleurs
somatiques. Le chasseur qui se faisait manger un bras
luttait pour sa survie», avance Isabelle Gaumond.
La professeure du département des sciences de
la santé de l’Université du Québec
en Abitibi-Témiscamingue signe un passionnant
article sur le sujet, La douleur est-elle sexiste ?
Mécanismes endogènes et hormones sexuelles,
avec Serge Marchand — le spécialiste québécois
de la douleur — dans une récente édition
de la revue Médecine/Science. La clé de
la compréhension des différences face
à la douleur se logerait ainsi dans la sphère
hormonale.
Alors que la douleur fait partie prenante de la vie
des femmes (menstruations, accouchement, etc.), les
hommes sont mieux armés pour lui faire face.
Une injustice encore aggravée par le lien intime
qui existe entre cycle menstruel et les douleurs chroniques.
« Le seuil de la douleur est plus bas pour les
femmes et elles supportent moins les stimuli intenses.
En plus, elles sont plus souvent victimes de douleurs
chroniques reliées aux cycles menstruels, telle
la migraine », soutient la chercheuse qui poursuit
actuellement des projets cliniques au sein d’une
école interactionnelle destinée à
aider les patients souffrant de douleurs cervicales.
Expériences douloureuses
Pour explorer les mécanismes de la douleur,
les chercheurs ont soumis des rats à des expériences
douloureuses. Réputés posséder
un système de transmission de la douleur semblable
au nôtre, ces animaux sont des modèles
parfaits pour ce genre d’études.
Les rats ont reçu une injection de formaline
— du formol dilué — dans la patte
arrière. Cette piqûre leur donnait un mal
persistant pendant deux heures alors que les chercheurs
notaient leurs réactions. Ils ont constaté
un dimorphisme sexuel dans la modulation des différents
mécanismes de gestion de la douleur reliés
au système nerveux. « Les mâles semblaient
y être moins exposés que les femelles »,
relève Isabelle Gaumont. Tandis que les sujets
gonadectomisés — en absence de glande sexuelle
— ont produit les mêmes réponses
que les femelles.
La plus grande tolérance des mâles à
la douleur proviendrait de l’influence de la testostérone
sur les mécanismes excitateurs qui transmettent
le signal douloureux. Chez les femelles, les hormones
sexuelles joueraient plutôt sur l’inhibition
– même si d’autres mécanismes,
comme la libération d’opioïdes endogènes,
existent dans la gestion féminine de la douleur.
Cette différence hormonale s’avérait
ainsi moins efficace chez les femmes, surtout lors de
douleurs chroniques.
De récents travaux de recherche de la chercheuse
Ana Maria Aloisi vont aussi dans ce sens. La chercheuse
italienne a questionné des transsexuels sur leur
perception de la douleur lors de l’administration
d’hormones liées au changement de sexe.
Près d’un homme devenant femme sur trois
(29,8 %) a rapporté des douleurs. Une réalité
nouvelle pour un transsexuel sur six !
Source:-http://www.cyberpresse.ca
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