Les Tunisiens ont recours à des sources alternatives pour le traitement des troubles sexuels
Les Tunisiens qui souffrent de troubles
sexuels ne peuvent acheter de médicaments en
toute légalité. Les patients sont forcés
de se tourner vers le marché noir et ses dangers,
a déclaré Nabil Mhiri, représentant
de l'Association Tunisienne d'Etudes et de Recherche
sur les Troubles Sexuels, lors d'une conférence
de presse organisée sur le sujet.
Actuellement, le traitement des troubles sexuels fait
appel de nouveaux médicaments, au premier rang
desquels le Viagra,
suivi du Cialis et du Levitra, avec un taux de succès
avoisinant les 80 pour cent, a indiqué M. Mhiri.
Pour expliquer l'interdiction de la vente de ces médicaments,
le ministère tunisien de la Santé fait
part de sa crainte quant aux effets annexes pour la
santé des citoyens. Les chiffres montrent que
le pourcentage d'hommes touchés par ces troubles
est compris entre 30 et 40 pour cent à l'échelon
mondial. Ce pourcentage augmente avec l'âge, les
troubles affectant près d'un tiers des hommes
de plus de 40 ans et plus de la moitié des hommes
âgés de plus de 50 ans.
Koubaib, un employé de 45 ans, a expliqué
à Magharebia comment, au début, lorsqu'il
n'avait pas d'enfants, il était contraint de
consulter un "magicien", qui lui conseillait
de prendre certaines herbes médicinales. Mais
elles ne l'avaient pas aidé, et, en prenant de
l'âge, il avait été forcé
d'aller consulter un spécialiste, qui lui avait
prescrit du Viagra. "Le médecin était
conscient du fait que ce médicament n'était
pas en vente dans les pharmacies de Tunisie, mais il
m'avait recommandé d'en prendre. J'avais alors
demandé à l'un de mes proches de m'en
ramener de France, même s'il y coûtait deux
fois plus cher", raconte-t-il.
Ziyad, salarié dans l'un des pays du Golfe, raconte
qu'il avait apporté une grande quantité
de Viagra lors de son séjour en Tunisie, même
s'il savait qu'il pouvait se retrouver devant un tribunal
pour infraction à la législation. "Le
Viagra est très utilisé en Tunisie. Je
suis étonné de l'interdiction de sa vente
dans les pharmacies du pays", déclare-t-il.
Toutefois, les problèmes auxquels doivent faire
face les Tunisiens souffrant de troubles sexuels ne
s'arrêtent pas à la seule non disponibilité
des médicaments. Le ministère de la Santé
et les organismes de sécurité sociale
ne considèrent pas les troubles sexuels comme
une affection. Par conséquent, les patients ne
disposent d'aucune couverture pour le traitement de
ce problème.
"C'est un sujet très sensible. Les troubles
sexuels sont considérés comme l'une des
maladies du siècle, et ils nécessitent
un traitement spécifique. La durée de
vie moyenne en Tunisie augmente, et partant, les demandes
de traitement se multiplient", indique le Dr Faouzi
Misbah, de l'hôpital Sahlul en Suisse. Il précise
que le traitement des troubles sexuels doit être
rendu impératif et que des médicaments
appropriés doivent être mis à disposition
sur le marché tunisien.
Les troubles sexuels résultent de facteurs organiques
et psychologiques. Dans la plupart des cas toutefois,
ils reflètent l'interaction et la relation entre
ces deux dimensions.
Les changements de style de vie, les habitudes alimentaires
en particulier, conduisent à des maladies chroniques,
telles que le diabète, l'hypertension et l'obésité,
qui, à leur tour, provoquent des troubles sexuels.
Le Dr Soufian Zribi, spécialiste des maladies
psychologiques et des traitements comportementaux, affirme:
"Pour les hommes, la première réaction
à une défaillance sexuelle est l'angoisse
et la peur; vient ensuite la crise de nerfs."
"Lorsque l'homme réalise qu'il souffre d'un
trouble sexuel, il s'effondre et se comporte comme un
enfant. Ses demandes s'intensifient, accélérant
les crises familiales. De plus, le patient souffre d'hallucinations
et accusent les autres d'être responsables de
sa maladie. Confronté à des horizons bouchés
et à l'absence de solutions, il perd tout espoir
et envisage la perte de sa famille et de ses enfants.
En l'absence de médicaments sur le marché
tunisien, et lorsqu'il ne peut les obtenir à
l'étranger, il s'en remet à des 'magiciens'
et à des 'produits miracles'."
Source:- http://www.magharebia.com
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