Algérie : Un dérapage et des questions.
Vive le générique
Vive le générique
ça vient d’être annoncé.
Une entreprise algérienne va commercialiser le
fameux Viagra à 300 DA la plaquette de 4, soit
75 DA la pilule du bonheur. Un générique
oui, qui coûtera 10 fois moins cher. Les prix
baissent pour que tout monte, pourrait-on résumer.
On ne vantera jamais assez les bienfaits du libéralisme,
même si on oublie que la libération sexuelle
n’est pas affaire d’économie mais
de culture.
Le Viagra
à 300 DA ? Pour quoi faire ? pourrait se demander
un Algérien moyen, coincé entre sa mère,
ses innombrables voisins et l’ensemble de la pression
sociale.
A quoi bon ? pourrait aussi se demander une Algérienne
moyenne, coincée entre son père, ses millions
de bons voisins et l’ensemble des interdits de
tout bord.
Car tout le monde le sait, le Viagra à 300 DA
n’est valable que si le F2 est loué à
2000 DA, puisque l’un ne va pas sans l’autre
et que l’autre ne sert pas à grand-chose
sans l’un. En attendant donc l’apparition
du logement générique, dix fois moins
cher, on peut quand même se féliciter de
la vigueur des jeunes entreprises du pays. Ce à
quoi l’entreprise concernée pourrait faire
remarquer que le Viagra n’est pas destiné
aux jeunes, qui en théorie n’en ont pas
besoin même s’ils n’ont pas de logement,
mais aux vieux couples, qui en réalité
n’ont plus besoin de ça, même s’ils
ont un logement.
Ce à quoi nous pourrions répondre que
ce n’est pas vrai, les vieux et vieilles en Algérie
ont beaucoup plus de combativité que les jeunes,
trop mous. Le problème n’est hélas
pas là. Ravies de la nouvelle, les mauvaises
langues prédisent pourtant déjà
que comme c’est un générique, des
effets secondaires non prévus sont à prévoir.
Les yeux qui enflent ou le nez qui gonfle. En effet,
le ministère de la Santé vient d’annoncer,
ce qui a effrayé tous les malades, qu’il
n’a pas les moyens de contrôler l’efficacité
des médicaments en vente.
Un dérapage et des questions
Quelle mouche a piqué Amar Tou, le ministre
de la Santé ? Samedi, devant un parterre d’invités
étrangers et de cadres algériens, il a
tenu des propos franchement scandaleux. Il a, en effet,
affirmé que les médicaments produits en
Algérie et ceux importés ne sont pas fiables,
allant jusqu’à accuser le Laboratoire national
de contrôle des produits pharmaceutiques de ne
« pas être en mesure d’assurer la
qualité thérapeutique des médicaments
». Il y a de quoi s’interroger sur une telle
déclaration.
A quel objectif répond-elle, surtout qu’elle
serait négative et fausse sur toute la ligne
? Tout le monde sait que le ministère de la Santé
dispose d’une direction sans le feu vert de laquelle
aucun produit ne pourrait être mis sur le marché.
Est-ce à dire que cette structure est défaillante
depuis que M. Tou est en charge de la santé ?
Par ricochet, le ministre remet en cause sa propre gestion
et met ainsi en évidence sa propre incompétence.
En outre, il est connu que les médicaments importés
de France, par exemple, sont exactement les mêmes
que consomme le citoyen français. On voit mal
les autorités sanitaires de ce pays mettre en
danger la santé de leurs citoyens. Mais plus
grave encore, le ministre a lancé ces accusations
devant des représentants de pays clients de Saidal.
Cette entreprise risque d’en pâtir sérieusement
avec peut-être une chute de ses exportations.
Cela s’appelle une atteinte à l’économie
nationale et doit par conséquent être sanctionné.
M. Tou n’a même pas essayé de rectifier
le tir, ce qui signifie que ses propos ont été
soigneusement étudiés. C’est extrêmement
grave. L’Algérie est un pays extrêmement
fragilisé par une politique qui malheureusement
porte en elle les relents d’une déstabilisation
programmée.
L’homme en charge de ce secteur stratégique
ne fait que contribuer à enfoncer un peu plus
le coutumier. On le sait coutumier de déclarations
à l’emporte-pièce, mais dans ce
cas précis, il a dépassé toutes
les limites acceptables. La logique aurait voulu qu’il
soit remis à sa place rapidement, voire poussé
vers la sortie. Il n’en fut rien.
Une nouvelle preuve est faite que l’Algérie
est très mal, ou pas du tout gouvernée
et que n’importe qui peut faire n’importe
quoi. Pour peu qu’on fasse partie des copains
et des proches, on est assuré de l’impunité.
Ce n’est pas le premier cas et ce ne sera pas
le dernier.
Source:- http://www.kabylienews.com/
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